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	<title>Projet: Whitechapel</title>
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	<description>Série de fiction par Eddy Webb, traduite par Alex Cochrane</description>
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		<title>Projet: Whitechapel</title>
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		<title>Épisode 3 &#8211; Évasion</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 01:19:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>shadowfreak13</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Précédemment sur Whitechapel Un homme identifié par le chiffre romain six ce réveil dans une cellule matelassée. Il découvre qu’il a d’étranges capacités lorsqu’il transforme un garde en bouille sanguinolente par la pensée. Six se rend dans le bureau vide du Dr Harold Tucci, qui s’avère être membre de quelque chose appelé le projet Whitechapel. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=projetwhitechapel.wordpress.com&amp;blog=11213779&amp;post=20&amp;subd=projetwhitechapel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration:underline;">Précédemment sur Whitechapel</span></p>
<p>Un homme identifié par le chiffre romain six ce réveil dans une cellule matelassée. Il découvre qu’il a d’étranges capacités lorsqu’il transforme un garde en bouille sanguinolente par la pensée. Six se rend dans le bureau vide du Dr Harold Tucci, qui s’avère être membre de quelque chose appelé le projet Whitechapel. Six découvre aussi une liasse de billets de divers pays et un fusil. Il s’apprête à sortir lorsque l’alarme retenti et quelqu’un cogne à la porte.</p>
<p><span style="color:#0000ff;"><strong>Épisode trois — Évasion</strong></span></p>
<p>Mon cœur martèle ma poitrine tandis que j’essaie de penser. S’il y a bien un garde de l’autre côté de la porte, il ne sera probablement pas effrayé par un pistolet et je ne suis pas sûr que je gagnerais ce duel. Malheureusement, je n’en sais pas assez sur mes pouvoirs pour les utiliser à volonté. Tandis que je songe à le tuer, l’odeur étouffante du sang du garde dans ma cellule revient et, l’espace d’une seconde, la nausée aussi. Je m’efforce de repousser cette pensée. Je dois essayer de m’en sortir autrement.</p>
<p>Je jette un regard à la carte d’Harold Tucci sur la table, ignorant le fusil. Il a des cheveux brun clair semé, des cheveux noisette et des sourcils épais. Il n’y a aucune photo de famille ou d’une petite amie dans le bureau. Il doit être le type d’homme qui est marié à son travail et à son pays.</p>
<p>On cogne à nouveau. J’essaye de trouver quelque chose de convainquant, mais les hurlements de l’alarme et les coups à la porte conspirent or conspirent avec les martellements dans ma tête pour que chaque pensée me donne l’impression que je vais tomber. Je ferme les yeux et inspire profondément, j’essaie de prendre un moment pour penser clairement.</p>
<p>Mon cœur ralentit tandis que je sens la douceur du tissu contre ma peau. Je m’imagine que ces vêtements sont d’un naturel à porter pour moi. Je ne suis qu’un homme d’âge mûr qui essaie de rester en santé. J’essaie de manger de la nourriture saine et je fais du jogging chaque jour autour du complexe pour faire de l’exercice. Parfois je travaille tard, mais comme je vis seul, ça ne dérange personne. Le boulot est ce qui est le plus important. La hache frappe de nouveau, s’enfonce dans mon cerveau et ma tête lance de douleur. Je me visualise prendre la hache et couper tout ce qui est moi, mon identité. Je tue tout ce qui ne convient pas au moule du Dr Tucci. J’imagine que je porte la peau d’un homme que je n’ai jamais vu.</p>
<p>On cogne plus fortement, plus fermement et d’une façon plus insistante. « Dr Tucci? J’entre. »</p>
<p>J’ouvre les yeux et je sens la peau parler à ma place.  « Non, non… je suis désolé. J’ai tellement de problèmes avec cet ordinateur, ça m’a frustré. Je… »</p>
<p>La voix me coupe. « Pourquoi n’avez-vous pas répondu plus tôt? »</p>
<p>« J’ai frappé le bureau et je me suis cassé l’orteil. Je… J’ai peut-être perdu connaissance un moment. Je suis désolé. Je vais bien maintenant. »</p>
<p>« Je peux vous donner des soins médicaux. »</p>
<p>La peur lance mon cœur à la course à nouveau. Je me force à prendre une inspiration. « Ça ne sera pas nécessaire. Je vais juste prendre quelques trucs et rentrer chez moi. »</p>
<p>Après un moment, j’entends la serrure magnétique. La porte commence à s’ouvrir. Je regarde le fusil et songe à le prendre, mais il est déjà trop tard. Un autre homme en chemise avec un pantalon tout-aller entre. Il est une version plus grande et plus musclée du cadavre dans ma cellule. Il a un fusil et me regarde. Je porte la peau de Tucci, mais je crains qu’il puisse voir au travers, qu’il puisse me voir et que je ne puisse jamais savoir qui je suis ou ce qui se passe et, oh mon Dieu, je vais mourir, je vais mourir, je vais…</p>
<p>Le garde cligne et ses yeux semblent distraits avant qu’il ne sourie et range son fusil dans son étui.  « Désolé de vous déranger, monsieur. Reynolds n’a pas fait son rapport des signes vitaux de Six bien que sa carte montre qu’il soit entré et sorti. Je suis allé voir et… il est mort, monsieur. Six s’est évadé donc je dois faire une fouille pièce par pièce. »</p>
<p>Mes yeux inspectent la carte sur sa chemise. Elle est semblable à celle sur le bureau, mais on peut y lire « Blake Francis ». « Je comprends, Francis. Je peux partir ou je dois rester ici? »</p>
<p>Francis regarde dans le couloir puis me regarde (non, pas moi. Dr. Tucci. Je suis Dr. Tucci). « Votre patient n’a pas pu aller bien loin, mais… bien, vous nous avez assez répété ce qui se produirait s’il commence à tuer. »  Je fais un signe de tête en essayant d’avoir l’air inquiet, mais tout ce que j’ai envie de faire est d’agripper son collet et de lui crier « Qu’est-ce qui se passe s’il se met à tuer? »</p>
<p>Dr Tucci parle à nouveau. « Peut-être as-tu raison. Je suis sûr que je peux trouver un endroit pour coucher ici ce soir. »</p>
<p>« Sans vouloir vous offenser, docteur, je ne souhaiterais même pas une nuit dans votre bureau à mon pire ennemi. Allez, je vais vous accompagner à la sortie. Simmons finira la fouille. »</p>
<p>Je hoche la tête et commence à marcher vers la porte lorsque Francis s’exclame « Attendez un instant! » Je m’immobilise et je le vois attraper le fusil sur le bureau. J’essaie de me souvenir comment le tuer, mais il me tend le fusil par le canon et le met dans ma main. « Vous pourriez en avoir besoin. »</p>
<p>Je le remercie et le suis dans le tunnel. Je m’efforce à rester droit tandis que la hache continue de frapper. Les tunnels tournent pour atteindre un vieux monte-charge avec un levier à la place de boutons et un léger grillage de métal à la place d’une porte. Francis manoeuvre l’antiquité sur trois étages avant que le grillage ne s’ouvre sur une autre porte en métal avec un autre lecteur de cartes. Je sors du monte-charge et Francis me fait un salut rapide avant de fermer le grillage et de redescendre. Mes mains tremblent pendant que je glisse la carte dans le lecteur. La lumière passe du vert au rouge et j’ouvre la porte.</p>
<p>*	*	*</p>
<p>Libre. Je suis libre. J’inspire. J’expire.</p>
<p>Mon souffle se manifeste en un petit nuage blanc tandis que le froid me mord le visage. Le ciel commence à s’assombrir tandis que les derniers rayons du soleil plongent dans l’horizon. Il y a quelques tas de neige fondue qui ont gelées en des morceaux gris et brillant d’art moderne. Le gazon craque son mon pied tandis que je me dirige vers le petit stationnement. Il y a quelques voitures bien alignées sur le pavé : une petite voiture verte, une fourgonnette bleue et un V.U.S. beige. Elles ont toutes des plaques de l’Ohio. Le stationnement n’a pas de lumière, mais je vois une petite route qui le connecte à une rue à deux voies. Un peu plus loin, parallèle à la rue, je peux deviner une grande étendue d’eau, peut-être un lac ou une rivière quelconque. Derrière moi, la porte de métal sans affiche que j’ai traversé est accrochée à un petit bunker en ciment, sans aucun panneau indicateur. Il pourrait s’agir d’un petit bâtiment électrique ou d’une petite remise de n’importe quelle ville du Midwest. Pour l’instant, le froid endort ma douleur et je me réjouis à la simple sensation d’être libre.</p>
<p>Je peux voir des phares qui arrivent dans la rue pendant que le ciel met son manteau de nuit. Des morceaux de glace dansent sur l’eau comme des rayons de lumières vagabonds avant que la voiture ne tourne dans le stationnement. Les lumières m’aveuglent et je porte instinctivement les mains devant mon visage. Je sens la peau du Dr Tucci glisser et je cherche un endroit où me cacher.</p>
<p>Les lumières s’éloignent de mes yeux. Je baisse les mains et cligne quelques fois pour effacer les taches de mon champ de vision. Les phares sont dirigés vers ma droite, se reflétant sur le gazon gelé et la neige fondue. C’est une berline noire, le moteur tourne toujours…</p>
<p>… je vois du métal, du plastique, du cuir et du verre, le tout dans mille tons de noir différents. Mon corps est douloureux, vibrant au même rythme qu’une machine bien ajustée…</p>
<p>J’ai vu cette voiture dans mes rêves, mes visions, ou peu importe ce qu’étaient ces images avant que je me réveille dans ma cellule. Mais qu’est-ce qu’elle fait ici?</p>
<p>J’entends le doux claquement des serrures automatiques et la porte arrière ouvre légèrement.</p>
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		<title>Épisode 2 &#8211; Honneur</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 16:11:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>shadowfreak13</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Précédemment sur Whitechapel Un patient se réveille avec une migraine terrible dans une salle matelassée. Le seul indice sur son identité est un bracelet de plastique avec les lettres « VI » d’imprimés dessus. Tandis qu’il essaye de se souvenir qui il est et ce qui lui est arrivé, un homme vêtu d’un habit décontracté [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=projetwhitechapel.wordpress.com&amp;blog=11213779&amp;post=14&amp;subd=projetwhitechapel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration:underline;">Précédemment sur Whitechapel </span></p>
<p>Un patient se réveille avec une migraine terrible dans une salle matelassée. Le seul indice sur son identité est un bracelet de plastique avec les lettres « VI » d’imprimés dessus. Tandis qu’il essaye de se souvenir qui il est et ce qui lui est arrivé, un homme vêtu d’un habit décontracté entre dans la cellule. Le patient réalise que l’homme est son geôlier et s’imagine en train de le couper, pour finalement trouver le geôlier en lambeaux sanglants à ses pieds. Le patient vole une carte d’accès sur le cadavre et ouvre la porte, le tout en essayant de comprendre son habilité de tuer avec son esprit.</p>
<p><span style="color:#0000ff;"><span style="text-decoration:underline;"><strong>Épisode Deux – Honneur </strong></span></span></p>
<p>’ouvre la porte de ma cellule et jette un coup d’œil. Le couloir est un tunnel arrondi de briques effritées s’étirant à gauche et à droite sous le faible rayonnement de quelques ampoules nues. Il y a une porte de métal rouillé devant moi. Il s’agit d’un panneau uniforme à l’exception d’une poignée et d’un petit cadre pour une enseigne quelconque. Je pose le pied sur le sol qui est aussi froid et sableux que celui de ma cellule. Je remarque que la porte se referme derrière moi seulement lorsque j’entends le clic fade de la serrure magnétique. L’enseigne sur ma porte indique « Sujet VI ». Le lecteur de cartes, lui, a l’air plus récent que tout le reste de ce tunnel.</p>
<p>Je jette un coup d’œil à la carte dans ma main. C’est une carte blanche avec une bande magnétique noire sur un côté. En la faisant tourner paresseusement, je trouve les mots « Projet Whitechapel » d’imprimé dans la même police utilisée sur mon bracelet. Qu’est-ce que le Projet Whitechapel? Une sorte d’expérience gouvernementale? Une étude clinique? Un projet d’entreprise?</p>
<p>La migraine revient en me projetant presque au sol…</p>
<p><em>… et maintenant je marche sur un plancher de ciment différent. Je peux entendre le vrombissement d’un métro, mais il y a de la fumée blanche partout et je peux à peine discerner un mur arrondi et les formes floues de gens autour de moi. Un homme tousse en essayant de crier aux gens de mettre leurs mains sur le mur droit et de le longer jusqu’à la sortie. Il tente de répéter l’ordre, mais sa voir se transforme en une toux sèche et profonde… </em></p>
<p>Je me penche et prends des inspirations profondes pour éviter de m’étouffer. Je me rends compte de la nausée qui grimpe dans le fond de ma gorge seulement lorsqu’elle s’efface avec la migraine. Après quelques autres inspirations profondes, je me redresse, quoiqu’encore un peu chancelant. Le bracelet de plastique glisse le long de mon bras tandis que je mets la main sur le mur droit et que je le longe jusqu’à la prochaine source de lumière du tunnel.</p>
<p>Le mur tourne légèrement vers la droite et je peux bientôt voir une nouvelle paire de portes qui se font face. Elles sont toutes deux fermées, mais celle de droit a un lecteur de cartes comme celui de ma cellule. J’y glisse la carte et j’ouvre la porte pour m’enfoncer dans les ténèbres impénétrables de la salle. Je tape aveuglément sur le côté intérieur du mur à la recherche de l’interrupteur. Pas de chance.</p>
<p>Je n’ai pas vu âme qui vive, mais ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un découvre que je me suis évadé. Je tends les mains et je tâtonne à la recherche d’une quelconque source de lumière. Mes orteils frappent quelque chose de dur. Une douleur inattendue envahit ma jambe tandis que mes orteils craquent. Cette douleur est presque purificatrice à côté de celle de la migraine. Je tombe, mais mes mains prennent appuis sur un gros objet, une table ou quelque chose du genre, arrêtant ma chute. Je tâtonne jusqu’à ce que j’accroche quelque chose de métallique et lourd qui ressemble à une lampe. Je trouve l’interrupteur et appuie dessus.</p>
<p>J’ai foncé dans un bureau. Pas un bureau en balsa léger de chez Ikea, mais un monstre en acajou sorti d’un cabinet victorien. L’ordinateur sur le meuble n’est pas réellement plus récent : une dalle carrée de plastique brun à laquelle est connectée un clavier par un fil en spiral qui me fait penser à un vieux téléphone. La douleur explose à chaque pas tandis que je retourne fermer la porte. Il semblerait que celle-ci ne se referme pas automatiquement comme celle de ma cellule. Mon orteil passe déjà au rouge et au mauve foncé, elle est probablement cassée. Merde. Je retourne derrière le bureau et je m’effondre sur la chaise de cuir noir pour prendre une seconde de repos.</p>
<p>Le bureau a approximativement la même taille que ma cellule, seulement le matelassage a été remplacé par une peinture vert pâle qui garde le thème hospitalier en tête. Le sol est couvert par un tapis ivoire. Il y a une petite table avec quelques chaises dans un coin. Sur le mur, il y a une photo en noir et blanc encadrée, ce sont de soldats de la Première ou de la Deuxième Guerre mondiale qui portent ces énormes masques à gaz qui vous donnent l’air d’un insecte. Ils sont accroupis dans une tranchée et tiennent des fusils face à un ennemi invisible. À côté d’un des hommes, ce qui semble être chien mince et noir avec son propre masque, qui semble n’être qu’un sac de toile avec des lunettes de vers. L’effet est aussi effrayant que ridicule.</p>
<p>J’enfonce le bouton d’allumage à quelques reprises, mais rien ne se produit, alors je fouille le bureau. En dessous, je trouve un sac de paquetage noir. C’est un sac de sport qui contient une serviette grise, des bas gris, des pantalons gris et un T-shirt gris. Il y a même une paire de sneakers gris au fond. Je vide tout sur le bureau et je défaits l’emballage pour utiliser la serviette pour essuyer le sang et le vomis encore sur ma peau. Mon orteil crie de douleur tandis que j’essaie de mettre les chaussures, mais je l’ignore. Ça fait tellement de bien de porter de vrais vêtements à nouveau.</p>
<p>Le premier tiroir que j’ouvre contient les rebuts habituels des bureaux : des attaches noires, des crayons à moitié utilisés, des ciseaux et un contenant presque vide d’antidouleurs que j’attrape rapidement. En les avalant à sec, les pilules goûtent la poussière. Je prends une petite clé sur une boucle en ficelle.</p>
<p>L’autre tiroir est verrouillé, mais la clé résout le problème délicatement. Louée soit la paresse humaine. À l’intérieur se trouve une pile de papier blanc sans en-tête. Par-dessus, un portefeuille en cuir usé. Je fais glisser la languette métallique le long de son chemin et ouvre le portefeuille pour y trouver une pile de billets. Je reconnais de la monnaie américaine et canadienne, quelques billets d’une Livre et quelques Euros, mais le reste de la monnaie m’est étranger.</p>
<p>J’y trouve aussi une carte d’identité du Projet Whitechapel. Sur la photo on voit un homme souffrant de calvitie et, ailleurs sur la carte, le nom « Harold Tucci. » Il y a aussi quelques cartes professionnelles grises contenant simplement son nom et son numéro de téléphone. C’est déprimant de réaliser que le vert mente des murs est la chose la plus colorée que j’ai vue jusqu’à présent.</p>
<p>Je m’assois un moment pour penser. Je sais que Whitechapel est un cartier de Londres. Je sais ça comment? Il vaudrait mieux ne pas trop s’y attarder pour l’instant. Est-ce que cette installation est en Angleterre? Suis-je anglais? Je regarde la pile de billets. Quelques-uns ont l’air européen. Est-ce que j’ignorerais ce qu’ils sont si j’étais anglais? Intuitivement, j’attrape un bout de papier et un crayon dans un des tiroirs. J’y écris qu’un seul mot :</p>
<p>HONOR ¹</p>
<p>Pas « honour » avec un « u » ce qui serait l’orthographe anglaise ou canadienne. J’en déduis donc que je suis américain. Je devrais peut-être me prendre un cheeseburger pour célébrer. Je prends l’argent du portefeuille et trouve un petit bout de papier mêlé au reste. Ça ressemble à une liste de choses à faire : classer les documents, mettre à jour le rapport, mettre à jour les signes vitaux de Six…</p>
<p>Je jette un œil au bracelet. VI est le chiffre romain pour six. Est-ce mon nom? Probablement pas, mais c’est celui que je porte pour le projet. Pourquoi je m’appelle Six? Y en a-t-il cinq autres comme moi? Est-ce une sorte de nom de code? Ces personnes ont-elles une obsession maladive pour la science-fiction? Je m’empare des ciseaux du bureau et coupe le bracelet de mon poignet. J’en ai assez de le voir. J’en ai assez de me poser des questions dont je n’ai pas les réponses.</p>
<p>Le tiroir du bas est verrouillé et la clé est inefficace. Je fouille le bureau à nouveau à la recherche d’une autre clé, mais je ne trouve rien. En colère, je donne un coup de pied sur le tiroir, avec mon pied non cassé. Dans le local vide, le craquement ressemble à un coup de feu, et le tiroir s’ouvre un peu. Je tire pour l’ouvrir et mets la main à l’intérieur. Je touche du métal froid.</p>
<p>Je sors délicatement le pistolet. Dans ma main, l’arme semble est lourde, en plus d’être embarrassante et inconfortable. Je la regarde, mais elle ne me semble pas familière. Je me demande si elle est chargée.</p>
<p>Soudainement, j’entends un claquement métallique en dehors de la salle. Une sorte d’alarme. Je ne sais pas si c’est le bruit du coup de pied ou si quelqu’un a remarqué que je ne suis plus dans ma cellule, mais je dois partir. Maintenant. Je pose le révolver sur le bureau et fourre les billets dans les poches du pantalon. La douleur de mon pied se calme un peu donc je me lève, prêt à aller à la porte.</p>
<p><em>Toc, toc, toc.</em> Il y a quelqu’un à la porte.</p>
<p>« Docteur Tucci? » Je ne peux pas distinguer la voie, mais elle sonne américaine. « L’alarme s’est déclenchée. Je dois entrer et vérifier si tout va bien. »</p>
<p>Merde, merde, <em>merde</em>! Qu’est-ce que je fais maintenant?</p>
<pre>¹Littéralement « honneur ». En anglais, la graphie de certains mots varie selon la région. Par exemple, le mot « honor » s’écrit sans « u » aux États-Unis, mais s’écrit « honour » en Angleterre et dans le Canada anglais. Il en va de même pour « color » et plusieurs autres.</pre>
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		<item>
		<title>Épisode 01 – La cellule</title>
		<link>http://projetwhitechapel.wordpress.com/2010/01/02/episode-01-%e2%80%93-la-cellule/</link>
		<comments>http://projetwhitechapel.wordpress.com/2010/01/02/episode-01-%e2%80%93-la-cellule/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 21:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>shadowfreak13</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte anglais original par : Eddy Webb

Traduction par : Alex B. Cochrane

… je peux sentir une faible odeur de pourriture dans son souffle, gouter chacun de ses mots sur mes lèvres. Ses cheveux voilent son visage tandis que mes doigts se serrent. J’imaginer son coup soyeux dans mes mains…

… je peux voir du métal et du plastique, du cuir et du verre, tout dans une centaine de teintes de noir. Mon corps est douloureux, vibrant au même rythme qu’une machine bien ajustée…

… je peux entendre l’eau se fracasser sur le roque pendant que je regarde un oiseau blanc tournoyer vers le soleil. L’eau éclabousse mon visage comme du sang artériel chaud et salé, mais je ne l’essuie pas…<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=projetwhitechapel.wordpress.com&amp;blog=11213779&amp;post=10&amp;subd=projetwhitechapel&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Texte anglais original par : Eddy Webb</p>
<p>Traduction par : Alex B. Cochrane</p>
<p><em>… je peux sentir une faible odeur de pourriture dans son souffle, gouter chacun de ses mots sur mes lèvres. Ses cheveux voilent son visage tandis que mes doigts se serrent. J’imaginer son coup soyeux dans mes mains…</em></p>
<p><em>… je peux voir du métal et du plastique, du cuir et du verre, tout dans une centaine de teintes de noir. Mon corps est douloureux, vibrant au même rythme qu’une machine bien ajustée…</em></p>
<p><em>… je peux entendre l’eau se fracasser sur le roque pendant que je regarde un oiseau blanc tournoyer vers le soleil. L’eau éclabousse mon visage comme du sang artériel chaud et salé, mais je ne l’essuie pas…</em></p>
<p><em>… je peux gouter des vieux bonbons à la gelée, collants et poussiéreux dans ma bouche. Je veux les recracher, mais je me force à les avaler tandis qu’un chien brun plein d’espoir reste assis à mon côté, remuant la queue…</em></p>
<p><em>… je peux sentir la pierre froide, poisseuse et sableuse sur le côté de mon visage. Une hache me fend le crâne tandis que ma gorge se remplit et que je commence à étouffer…</em></p>
<p>Je me réveille juste à temps pour vomir sur le plancher, ajoutant à la flaque dans laquelle je suis. Le vomi éclabousse le plancher de ciment et l’odeur envahit mes narines. Les larmes me montent aux yeux et le monde ne devient que l’odeur de vomissure, le son de ma propre toux causée par mon étouffement et la sensation que quelqu’un essaie de couper mon crâne en deux à coup de hache.</p>
<p>Une éternité s’écoule avant que je recommence à respirer. J’essuie mes larmes et le vomi avec ma main, mais le moindre mouvement de mon bras attire un coup de la hache et une vague de nausée. Une boucle de plastique pendant à mon poignet frappe ma joue. Je cligne des yeux pour me concentrer sur l’objet. Il s’agit d’un de ces bracelets d’hôpital avec un petit bout de papier inséré à l’intérieur, fichant les patients dans un système de victimes meurtries, saignantes et cassées. Cependant, je n’ai ni nom de famille, ni prénom, pas même un numéro de chambre ou de numéro de dossier, aucun numéro du tout. Deux lettres en Times New Roman me font face : VI. Par curiosité, je fais tourner le bracelet, mais la seule autre chose qui s’y trouve est l’une de ces attaches à usage unique, un anneau blanc aux côtés d’un prolongement qui a été coupé.</p>
<p>Je me frotte le visage sur la manche de ma chemise, mais je n’ai pas de manche. À vrai dire, je n’ai pas de chemise. En jetant un coup d’œil, je réalise que je porte une de ces blouses inversées qui se ferme derrière vous, mais ne vous couvre jamais totalement le dos, et vous donne toujours l’impression qu’elle va tomber. Au moins, ça concorde avec le bracelet : je suis dans un d’hôpital quelconque.</p>
<p>Par contre, les murs contrastent. Ils sont couverts d’épais rectangles de mousse, tout couvert dans un linge couleur ivoire et matelassé de fils gris. On dirait que quelqu’un a cloué une douzaine de matelas d’hôtel sur les murs. C’est dommage qu’il n’y en ait plus pour le lit de camp qui est dans le coin au côté de la toilette. Je remarque que ma flaque de vomi est loin de la dite toilette et j’en suis un peu irrité.</p>
<p>S’il s’agit d’un hôpital, je ne crois pas qu’il ait reçu un prix pour le soin des clients.</p>
<p>La hache frappe de nouveau, et mon cerveau veut exploser. Mes yeux se remplissent d’eau à nouveau tandis que je pèse sur mon crâne avec mes mains pour l’empêcher de se séparer. Au loin, je peux entendre un des matelas qui s’ouvre et distingue à peine un homme qui entre avant de refermer la porte. Il porte une chemise blanche et un pantalon noir. Il dit quelque chose, mais tout ce que j’entends c’est mon crâne qui craque sous la pression.</p>
<p>Je veux simplement que ça arrête. Je veux me recroqueviller sur le sol et prier pour que mes souffrances arrêtent. Je veux hurler que je ferais n’importe quoi pour que ça arrête. Je veux foutre le camp de cette boite de ciment couverte de matelas.</p>
<p>Soudainement, je sais que ce geôlier aux murmures mystérieux est la personne qui me tient prisonnier. Je ne sais pas pourquoi, mais je comprends que tout ce qu’il fait vise à me garder dans cette chambre de la même façon que je comprends que mon propre vomi dégoute encore de mon visage. Cet homme, cette <em>chose </em>en habit me gardent en cage.</p>
<p>Je ferme les yeux. Je veux qu’il ait mal. Je veux qu’il crie et saigne et qu’il tombe en morceaux que je puisse marcher sur son cadavre pour reprendre ma vie. Je me vois prendre la hache dans ma tête et me mettre à couper sa gorge. Une fois, deux fois, après quoi sa tête se renverse comme un distributeur de bonbon. Dans mon esprit, je sens mon bras forcer tandis que j’ouvre son estomac, sa poitrine, ses côtes. Chaque fois que je le coupe, la douleur se dissipe et mon esprit devient plus clair. Chaque lacération me fait sentir plus humain, plus puissant, plus tout.</p>
<p>J’entends quelque chose tomber dans un bruit sourd et réalise que ce n’est pas dans ma tête.</p>
<p>J’ouvre les yeux. Le sang s’étend rapidement sur la chemise blanche et le pantalon noir du cadavre. Son cou est presque coupé tandis que son torse est une bouille à base de chaire et de fragment de nylon. Je regarde le plancher, mes mains, mais ne trouve aucune hache, aucune lame couverte de tripes qui expliquent pourquoi mon geôlier git en morceaux sanglants à mes pieds. Je n’aurais jamais pu faire ça, mais je sais, je <em>sais </em>que j’en suis responsable. Il est mort, moi non, et c’est ma faute.</p>
<p>Je jette un coup d’œil au mur d’où il est venu et je suis furieux. L’enculé n’a même pas gardé la porte ouverte ou débarrée avant de mourir. Je vérifie la masse sanglante qu’est mon ancien geôlier et réussit à y pêcher une carte en plastique attachée à une chaine. J’essaie d’ignorer la chaleur collante qui couvre mes mains tandis que je tire d’un coup sec sur la petite chaine qui se brise. Après un rapide coup d’œil à la porte je remarque une fente discrète et une petite lumière rouge cachée derrière un rabat matelassé. Je dois enlever le sang de sur la carte avant de pouvoir voir la lumière passer du rouge au vert. Le matelas dévoile une ouverture de moins d’un pouce.</p>
<p>C’est quoi cette merde? Quel genre de personne peut couper quelqu’un en pièce dans ses rêves? Comment est-ce que je peux fouiller une pile de tripes qui étaient un homme un moment plus tôt et être plus déconcerté par le sang qui couvre mes mains que par la perte d’une vie humaine?</p>
<p>Le bracelet glisse le long de mon bras et je vois les lettres VI qui me regardent au travers d’une tache de sang. Je réalise que je ne sais pas quelle sorte de personne je suis, je ne sais pas pourquoi je peux faire ce que j’ai fait. Je ne sais même pas ce que ces lettres représentent.</p>
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